Évolution de la conduite des français de 2004 à 2014.

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Le Baromètre AXA Prévention, qui parait annuellement et qui fête cette année ses 10 ans, a décidé cette fois, pour sa date anniversaire, de retracer le comportement des français au volant durant la dernière décennie, de 2004 à 2014. Et si les progrès en matière de comportements à risque sont évidents (notamment en ce qui concerne les grands excès de vitesse et la consommation d’alcool), ce bilan met surtout en évidence deux autres points importants : durant les 10 dernières années, l’explosion des téléphones portables et des smartphones a fait apparaître de nouveaux dangers, et malgré toutes les campagnes de prévention, les jeunes font toujours partie des plus vulnérables sur la route.

Nouvelle décennie, nouveaux risques.

Durant ces 10 années, les chiffres de la Sécurité Routière se sont incontestablement améliorés. Le nombre de morts sur les routes a en effet été réduit, et cela est probablement dû à la prise de conscience des automobilistes des principaux dangers de la route : la vitesse et l’alcool. Les conducteurs se mettent moins en position de grand excès de vitesse (plus de 170 km/h sur autoroute, par exemple), mais surtout, ils consomment moins d’alcool avant de prendre le volant : aujourd’hui seuls 6 % d’entre eux reconnaissent conduire après 5 ou 6 verres, alors qu’ils étaient 14 % en 2004.

Nouvelle infraction : le téléphone au volant.

Pourtant, paradoxalement, et c’est une des informations principales à retenir de ce Baromètre, le nombre de bons conducteurs n’a pas augmenté, et ce pour une raison très simple : de nouveaux comportements à risque ont fait leur apparition, le premier d’entre eux étant la généralisation du téléphone portable. S’il a révolutionné nos habitudes au quotidien, il a également apporté un nouveau mode de conduite, le fameux usage du téléphone au volant. En 2004, 18 % des automobilistes étaient concernés, en 2014, ils sont plus de 34 %. Même s'il existe encore des solutions pour téléphoner en toute légalité, il vaut mieux prendre une bonne habitude et ce passer de celui-ci sur la route. Mais ce sont surtout une série de nouvelles infractions désormais banalisées qui viennent entacher ce bilan : les chiffres montrent en effet que les automobilistes ont aujourd’hui plus tendance qu’avant à conduire fatigués ou de nuit, à franchir les lignes blanches ou encore à dépasser par la droite.

Enfin, malgré les années, certains comportements ont la vie dure et contribuent à ne pas faire baisser la part des « mauvais conducteurs » : en ville, par exemple, les automobilistes continuent toujours à ne pas systématiquement respecter les limitations de vitesse, mettre leur clignotant, ou s’arrêter au feu orange.

Toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne.

En l’espace de 10 ans, cette croissance des infractions au Code de la Route relevées dans les villes (notamment avec l’usage du téléphone) a fortement modifié les statistiques des régions françaises, et les disparités se sont creusées.

Dans les régions possédant de grandes agglomérations, comme l’Île de France, la Méditerranée et le Sud-Est, la part de bons conducteurs a subit un léger recul (moins 11 points pour la région parisienne, par exemple, de 62 % en 2004 à 51 % en 2014), alors que dans les régions où l’urbanisation est moindre (l’ensemble de l’Ouest de la France et le Centre), les chiffres ont globalement grimpé de 4 points, pour arriver à un taux de 73 % de bons conducteurs.

(Le calcul se fait en classant les conducteurs selon 5 catégories : les respectueux et les légalistes, qui suivent le Code de la Route à la lettre, les affranchis et les inconscients, qui ne respectent que leur propre Code de la Route et relativisent trop les infractions, et enfin les fous du volant, qui ont décidé d’ignorer les règles de base.)

Les 18 – 25 ans, toujours inconscients du danger.

Cependant, durant cette dernière décennie, s’il y a un comportement qui n’a malheureusement pas évolué, c’est celui des jeunes au volant. Selon les chiffres 2013 de l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière), alors que les 18 – 25 ans ne constituent que 4 % des automobilistes, ils représentent 21 % des tués. Et leurs comportements à risque se situent partout, que ce soit en ville ou sur routes.

les jeunes irrespectueux des règles en ville.

En effet, et malgré une obtention plus récente du permis de conduire, les jeunes sont tout aussi irrespectueux des règles en ville, notamment en ce qui concerne le respect de la limitation à 50 km/h (58 % admettent rouler parfois jusqu’à 65 km/h) et le respect de l’arrêt au feu orange (83 % reconnaissent ne pas le faire systématiquement). De même, sur routes, leur fréquence de conduite plus élevée (notamment pour les sorties du weekend et les vacances) et leur sentiment d’invincibilité leur font négliger les dangers dus à la conduite de nuit, à la fatigue, et aux longs trajets sans arrêt (aujourd’hui 59 % pensent que conduire 4 à 5 heures de suite n’est pas dangereux, soit 7 % de plus qu’en 2004), alors que ce sont les moments où ils sont les plus vulnérables.

Enfin, génération oblige, même s’ils sont plus conscients de l’importance de la ceinture de sécurité, du danger des vitesses excessives et de l’abus d’alcool, les jeunes sont les plus gros utilisateurs de téléphone au volant (57 % d’entre eux déclarent s’en servir en conduisant), et leur consommation de cannabis a augmenté (passant de 1 % en 2004 à 4 % en 2014).