Séniors : comment adapter votre conduite ?

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L’automobile et surtout la possibilité de conduire un véhicule est très important, en particulier en milieu rural. De nombreuses personnes l’utilisent pour les courses, les déplacements professionnels et médicaux ou encore les loisirs. Certaines personnes voient même le fait de conduire comme une vraie passion. Tout cela est synonyme d’indépendance, sentiment très important pour les séniors.

Malheureusement, avec l’âge, certaines de nos capacités importantes pour la conduite faiblissent et conduire peut devenir dangereux, autant pour le conducteur que pour les autres usagers de la route. En France, aucune visite médicale obligatoire n’est imposée aux seniors pour vérifier leur aptitude à conduire. Il est donc indispensable de connaître les points sur lesquels il faut être vigilant ainsi que les précautions à prendre.

Quelles sont les altérations physiologiques de l’âge qui impactent notre conduite ?

Plus notre âge avance, plus notre organisme rencontre des difficultés de fonctionnement qui peuvent affecter notre conduite. L’un des premiers impacts est sans aucun doute la diminution de l’acuité visuelle. Une personne âgée est moins sensible visuellement à ce qui se passe autour d’elle qu’une personne plus jeune, et son champ visuel se réduit.

L’âge peut également avoir un impact sur l’audition. La personne aura plus de mal à évaluer la nature d’un son et à localiser son origine.

Les réflexes, la concentration et les capacités motrices vont également être modifiées avec le temps, ce qui aura pour effet d’allonger les temps de réaction.

Continuer à conduire quand on est sénior.

Les principaux points d’attention pour conduire

Pour obtenir son permis de conduire et continuer à conduire le plus longtemps possible, un conducteur doit avoir les capacités physiologiques et cognitives requises. Voici les points les plus importants auxquels il faut porter attention.

La vue : sens indispensable pour conduire.

La vue est capitale pour pouvoir conduire. En effet, la conduite ne se limite pas à l’utilisation des mains et des pieds, il est aussi nécessaire d’avoir une bonne vision. Ce sens permet d’analyser tous les éléments autour de la circulation (panneaux, marquages au sol, autres véhicules, piétons, etc.).

La perception de ces éléments change en fonction du conducteur (s’il porte des lunettes ou non), du temps qu’il fait pendant qu’il est au volant (jour ou nuit, pluvieux ou ensoleillé, etc.) et de sa vitesse.

Tout le monde sait qu’avec le temps notre vision diminue. En France, l’acuité visuelle minimale pour pouvoir conduire est de 5/10 ème, les deux yeux réunis. Le champ visuel doit être au minimum de 120 degrés.

L’adaptation à la luminosité, aux différentes couleurs et aux contrastes peut aussi être un problème, en particulier pour la conduite de nuit. En effet, quand les yeux d’un sénior font face aux phares d’une voiture qu’il croise, ils peuvent mettre jusqu’à deux minutes avant de récupérer leur vue normale.

Avec l’âge, la vision de près et de loin s’altère et l’on met de plus en plus de temps à s’adapter au passage de l’un à l’autre. Or la vision de loin sert à appréhender la conduite (carrefour, obstacle…) et la vision de près va permettre de consulter son tableau de bord (vitesse, GPS).

Tous ces éléments en font un élément très important et à surveiller régulièrement par un ophtalmologue. Bien souvent, des lunettes ou des lentilles suffissent à corriger les éventuels problèmes. Avec l’âge, il faut essayer de moins conduire la nuit et de faire des pauses plus régulières. Enfin, un pare-brise propre et des phares bien réglés facilite la conduite à tous les âges.

Une bonne audition pour être réactif

Si tout le monde est d’accord sur le fait d’avoir une bonne vision au volant est important, avoir une bonne audition est encore à convaincre pour certains.

Pourtant, l’audition joue un rôle plus important que l'on ne le croit. Celle-ci permet d’identifier différentes situations comme un klaxon, l’arrivé d’un véhicule prioritaire, un bruit de moteur inhabituel, l’anticipation d’un éventuel dépassement, etc. D’autant plus que ces situations peuvent arriver subitement.

Il est nécessaire de préciser qu’une mauvaise audition n’affecte pas l’obtention d’un permis de conduire. Il n’y aucune règle à ce sujet au niveau du code de la route.

Attention à la prise de médicaments

Tout d’abord, après la prise de médicaments, notamment ceux à risques, il est important de consulter le temps d’attente indiqué sur la notice avant de conduire et de le respecter pour prévenir la somnolence au volant. Cette durée varie en fonction du médicament. Certains, à l’exemple des somnifères de niveau 3 (avec un pictogramme rouge) peuvent rester dans le corps pendant 10 heures. Il est donc nécessaire d’attendre environ 20 heures avant de conduire.

Il existe trois couleurs de pictogramme : le jaune, l’orange et le rouge. Le jaune indique qu’il ne faut pas conduire sans avoir lu la notice du médicament. L’orange signifie qu’il ne faut pas conduire sans l’autorisation d’un professionnel de santé. Le rouge indique qu’il est interdit de conduire avant d’avoir l’avis d’un médecin.

Bien que les séniors soient susceptibles de prendre des médicaments plus souvent (traitements, etc.), Tout le monde est concerné par ces règles.

Bien choisir son véhicule et ses options.

Si vous devez changer de voiture, sachez que votre véhicule peut également vous faciliter la vie. Il existe des véhicules de différentes tailles et de nos jours, certaines options peuvent grandement nous faciliter la réalisation de diverses manœuvres. Voici quelques exemples des caractéristiques qui peuvent être prise en compte :

Entretenez-vous et jaugez vos capacités.

Pour garder ses capacités à conduire, la meilleure chose à faire est de s’entraîner. Conduire régulièrement et sur des trajets différents vous permet de ne pas perdre la main et de jauger vos habiletés. Si vous remarquez des changements ou des difficultés à effectuer certains mouvements, vous devez impérativement en informer vos proches. Faites des exercices physiques quotidiennement pour garder votre autonomie et entretenir votre corps pour qu’il soit prêt à prendre le volant et garder de bons reflex.

Comment réagir lorsqu’on se sent moins à l’aise au volant ?

Avant de parler de ce que vous devez faire si vous ne vous sentez pas à l’aise au volant, vous devez d’abord connaitre les signes qui montrent que vous avez besoin d’aide. Parmi ces signes, on peut notamment souligner la répétition d’incident et de petites frayeurs.

Si vous ne vous sentez plus apte à conduire, la meilleure décision à prendre est d’accepter de vous faire conduire. Vous pouvez aussi opter pour les transports en commun. Dans tous les cas, vous devez en parler à vos proches et à votre médecin. C’est important.

Il existe également des stages réservés aux séniors qui vous aideront peut-être à mieux vous évaluer, vous pouvez trouver des informations à ce sujet sur www.preventionroutiere.asso.fr ou www.attitude-prevention.fr

Comment intervenir si une personne rencontre des difficultés à conduire ?

Il arrive que les personnes âgées ne parlent pas de leur problème à leur entourage. Il peut donc être difficile de savoir si elles rencontrent des difficultés à conduire. Alors, comment faire pour savoir cela ?

Vous pouvez, par exemple, les accompagner pour des sorties en voiture. Si vous remarquez des réactions ou des difficultés particulières, une conduite irrégulière, essayez d’en parler avec la personne pour trouver une solution.

Un suivi médical peut permettre d’apporter les corrections adaptées aux déficiences pour que la personne redevienne plus à l’aise au volant (appareil auditif, lunette adaptées…). Une adaptation du véhicule peut également être envisagée en fonction des situations.

En dernier recours, vous pouvez signaler la personne au préfet du département. Le préfet pourra obliger la personne à être suivi par un médecin agréé afin de voir s’il est possible de trouver des solutions d’adaptation. Le cas échéant le permis pourra être conserver avec des restrictions et dans le cas extrême ce sera un retrait du permis de conduire.

Les cas de retrait de permis sont très rares, car la plupart des conducteurs savent se limiter et sont capables de juger par eux-mêmes leur capacité ou incapacité à conduire. Les séniors ne sont pas plus impliqués dans les accidents de la route que les autres tranches d’âge, mais leurs fragilités fait que bien souvent ils décèdent ou sont blessés plus gravement lors d’un accident de la route.

Enfin, sachez que le médecin traitant ne peut pas faire de signalement au préfet au nom du secret médical. C’est une démarche qui doit-être faite par la famille, les amis ou des voisins uniquement.