Accueil > Articles > Classe 1 à 5 : quelles amendes pour quelles infractions au Code de la route ?
Tous les jours, des milliers de véhicules circulent sur les routes. Ils forment un réseau très vaste qui nécessite la mise en place de règles afin que tous ces véhicules puissent coexister. Pierre angulaire de ces règles, le Code de la route ne se limite pas à une série d'interdictions. Les panneaux, les marquages au sol ou les règles de conduite ont tous pour but d'harmoniser le déplacement des usagers, de nous protéger et de garantir une circulation à la fois fluide et sûre.
Le Code de la route encadre les comportements au volant et prévoit des sanctions en cas d'infraction. Ces dernières sont réparties en cinq classes, selon leur gravité. À chacune correspond le montant d'une amende, qui varie selon le délai de paiement (minoré, normal ou majoré), ou selon qu'une procédure judiciaire soit engagée ou non.
Nous vous expliquerons comment sont classées les infractions, les amendes qui découlent de ce classement, mais également l'impact de ce système dans la responsabilisation des conducteurs et sur la prévention des accidents de la route.
Les cinq classes de contravention

En France, le Code de la route classe les infractions en fonction de leur gravité. Il existe cinq classes de contraventions : la première comporte les infractions les moins importantes et la cinquième, les plus graves. C'est un système qui permet d'apporter une réponse adaptée à la gravité des faits constatés. À mesure que l'on monte en classe, la sévérité des sanctions augmente : amendes plus élevées, retraits de points, suspension de permis, etc., auxquelles s'ajoutent les délits pour les comportements les plus dangereux. Cette organisation par paliers permet de sanctionner les contrevenants de manière proportionnelle aux risques pris pour eux et pour les autres usagers (du plus léger au plus dangereux).
Contravention de 1re classe
- Infractions légères, sans danger immédiat, mais pouvant gêner la circulation.
- Exemple : stationnement interdit.
- Amende maximale : 38 €.
Contravention de 2e classe
- Légèrement plus graves, ces infractions portent sur des règles essentielles à la fluidité du trafic.
- Exemples : stationnement gênant, circulation sur bande d'arrêt d'urgence.
- Amende : jusqu'à 150 €.
Contravention de 3e classe
- Cette classe marque le seuil où la négligence ou l'irrespect volontaire commencent à impacter directement la sécurité.
- Exemples : excès de vitesse < 20 km/h, défaut d'équipement.
- Amende jusqu'à 450 €.
Contravention de 4e classe
- Les infractions de 4e classe sont les plus courantes. Elles regroupent des comportements à risque avéré, pouvant entraîner des sanctions lourdes comme des retraits de points.
- Exemples : usage du téléphone au volant, franchissement d'un feu rouge, excès de vitesse important, alcoolémie entre 0,5 et 0,8 g/l, non-port de la ceinture.
- Amende maximale : 750 €.
Contravention de 5e classe
- Les plus graves avant le stade du délit. Elles traduisent un manquement manifeste aux règles de sécurité.
- Exemples : alcoolémie ≥ 0,8 g/l, excès de vitesse ≥ 50 km/h, conduite sous stupéfiants, blessures involontaires.
- Amende maximale : 1 500 €.
- Procédure judiciaire obligatoire (tribunal de police ou correctionnel).
Le système des amendes forfaitaires
L'amende forfaitaire simplifie le traitement des infractions les moins graves. Elle permet de régler une somme fixe sans passer par un tribunal, si le paiement intervient dans un certain délai. Trois niveaux d'amende existent selon ce délai.
L'amende forfaitaire minorée
- Paiement rapide = montant réduit. Ce mécanisme encourage les règlements anticipés et désengorge les services.
- Exemple : pour une infraction de 2e classe, l'amende minorée est de 22 € (au lieu de 35 €).
L'amende forfaitaire au taux normal
- Montant de base de l'amende.
- Paiement dans les 45 jours suivant l'avis.
- Évite une comparution au tribunal.
- Exemple : 68 € pour une contravention de 3e classe.
L'amende forfaitaire majorée
- En cas de non-paiement dans le délai, l'amende est majorée.
- Elle est envoyée sous forme de titre exécutoire.
- Payable sous 30 jours (ou 60 par téléprocédure).
- Exemple : 180 € pour une contravention de 3e classe.
- À défaut, l'affaire peut être transmise à un tribunal, et une opposition à la vente du véhicule peut être inscrite.

Exemples d'infractions par classe
| Classe | Exemples d'infractions | Amende forfaitaire normale |
|---|---|---|
| 1re | Stationnement interdit, usage inapproprié de l'avertisseur sonore | 17 € |
| 2e | Stationnement gênant, circulation sur BAU, absence de clignotant au changement de direction | 35 € |
| 3e | Excès de vitesse < 20 km/h hors agglomération, non-respect des distances de sécurité | 68 € |
| 4e | Téléphone au volant, franchissement de feu rouge, excès de +20 à +50 km/h | 135 € |
| 5e | Alcoolémie ≥ 0,8 g/l, excès ≥ 50 km/h, conduite sous stupéfiants | Amende pénale jusqu'à 1 500 € |
Au-delà des amendes : les sanctions complémentaires
L'amende n'est pas la seule conséquence possible. Dès la 2e classe, des sanctions supplémentaires peuvent s'appliquer :
- Retrait de points : Fréquent à partir de la 2e classe, selon la gravité.
- Suspension du permis : Possible dès la 4e classe. Une rétention immédiate peut précéder une suspension administrative.
- Immobilisation ou mise en fourrière : En cas de danger, de défaut de conformité ou d'inaptitude du conducteur.
- Confiscation du véhicule : Pour les délits graves, comme la récidive d'alcoolémie ou la conduite sans permis.
- Peines prononcées par un juge : Stage de sensibilisation, interdiction de conduire certains véhicules, pose d'un éthylotest anti-démarrage, travaux d'intérêt général, voire prison pour les délits les plus lourds.
Ces sanctions visent à modifier les comportements, et pas seulement à punir financièrement.
Pourquoi un tel système ?
Une gradation selon la gravité
- Chaque classe reflète un niveau de danger croissant.
- La sévérité des sanctions augmente avec la gravité des faits.
Simplifier le traitement des infractions
- L'amende forfaitaire évite le recours systématique aux tribunaux.
- Le traitement est plus rapide, notamment pour les 2e à 4e classes.
Encourager les bons comportements
- Le système de minoration favorise un règlement rapide.
- Le permis à points complète l'amende par une mesure éducative et dissuasive.
Conclusion
Le système des classes de contravention et des amendes forfaitaires repose sur trois principes fondamentaux :
- Une sanction graduée selon la gravité (de la 1re à la 5e classe),
- Une incitation au paiement rapide (taux minoré, normal, majoré),
- Une prévention renforcée par les pertes de points et les poursuites judiciaires.
Mais au-delà de la sanction, c'est la conscience individuelle qui fait la différence. Même une infraction mineure peut contribuer à un accident. Respecter les règles, c'est protéger sa vie… et celle des autres.