Un éthylotest antidémarrage obligatoire en 2019 ?

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En vigueur depuis 1985 aux États-Unis et depuis quelques années au Canada et dans les pays nordiques d'Europe, l'éthylotest antidémarrage (EAD) s’avère être une méthode efficace pour lutter contre l'alcoolémie au volant.

En France, ce dispositif peut être imposé comme alternative aux poursuites judiciaires ou en cas de peine complémentaire. Il est présent sur tous les véhicules de transports scolaires et collectifs mis en circulation après le 1er septembre 2009 et installé dans les véhicules de certaines entreprises, à titre préventif.

Définition et fonctionnement de l'éthylotest antidémarrage

L'éthylotest antidémarrage est un outil qui mesure le taux d'alcool expiré dans l'air via un éthylotest électronique et qui va autoriser, ou non, le démarrage du véhicule, en fonction du résultat.

Son fonctionnement est plutôt simple :

l'éthylotest antidémarrage

Trois départements tests pour roder l'éthylotest antidémarrage

Un nouveau concept de prévention routière est expérimenté dans les départements de la Marne, du Nord et de la Drôme, depuis le 1er décembre 2016. Les permis de conduire retirés pour alcoolémie peuvent être remis à certains automobilistes après étude de leur dossier par une commission médicale. L’automobiliste doit alors installer un éthylotest antidémarrage dans son véhicule, à ses frais, et il doit également accepter un suivi médical.

Dans un passé pas si lointain, l'éthylotest antidémarrage était requis seulement dans le cadre de sanctions alternatives à l'emprisonnement ou complémentaires à une amende et un retrait de points sur le permis de conduire. Depuis la dernière loi de modernisation de la justice du 21ème siècle, le texte autorise l'utilisation de ce dispositif pour quelques délits routiers, notamment pour les automobilistes ayant perdu leur permis à cause de l'alcool.

Sur l'ensemble du territoire en 2019 ?

Cette tentative à l'échelle départementale pourrait par la suite s'exercer sur l'ensemble du territoire dès le 1er janvier 2019. La finalité est claire, réduire les récidives de conduite en état d’ébriété. Une expérimentation qui connaît un certain succès, selon le docteur Mercier-Guyon, sur 400 individus condamnés pour conduite en état d'ivresse et soumis à l'installation d'un éthylotest antidémarrage, la récidive a été réduite de 75 %.

Obligatoire dans les cars scolaires et les bus.

Depuis le 1er septembre 2015, les autocars et les véhicules de transport en commun disposent déjà obligatoirement d'un éthylotest antidémarrage qui suspend le démarrage du véhicule en cas de contrôle avec un taux supérieur à 0,10 mg par litre. Il est donc plus sévère que le contrôle d’alcoolémie réalisé par les forces de l'ordre sur les routes.

L'objectif de l'EAD est uniquement préventif, les informations récoltées sur le taux d'alcoolémie ne sont, en aucun cas, exploitées contre le conducteur. Aucune condamnation ne peut être encourue sur la base des données recueillies par l'éthylotest antidémarrage. La sauvegarde des données dans l'appareil est conservée pendant 45 jours et chaque éthylotest doit être vérifié chaque année auprès d'un professionnel certifié.

En ce qui concerne les véhicules transportant des enfants, l'éthylotest antidémarrage est obligatoire depuis le 01 janvier 2010 pour tout véhicule de plus de 9 places.

Cet appareil est un moyen éducatif pour lutter contre l'alcoolémie au volant. Limité seulement à trois départements pour tester la viabilité du projet, il pourrait s'appliquer sur l'ensemble du territoire dès le 1er janvier 2019 en cas de test concluant.

Son point faible est son coût qui est à la charge de l'automobiliste. Il faut compter 90 euros par mois en location et 1 700 euros à l'achat plus le prix de la pose dans un garage agréé. Cela pourrait dissuader certaines personnes d'accepter le dispositif.