La France par rapport à ses voisins en matière de sécurité routière ?

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Si la Sécurité Routière s’inscrit d’abord dans des objectifs nationaux, elle entre également en compte dans des bilans internationaux, et notamment européens : en effet, depuis quelques années, l’Union Européenne a mis en place des objectifs à atteindre pour diminuer la mortalité sur les routes des pays membres. Plusieurs questions peuvent donc être posées : comment se sont comportés les autres pays durant cette année 2012 ? La France a-t-elle fait partie des bons élèves de l’UE ? Les véhicules immatriculés à l’étranger ont-ils participé à l’accidentalité sur les routes françaises ? Pour répondre à ces interrogations, voici un bilan de la Sécurité Routière en France par rapport à ses voisins européens.

Une mortalité routière en baisse presque partout.

Bien que l’Union Européenne ne fasse pas partie des territoires dans le monde qui comptent le plus de morts sur les routes (sur les 1.3 millions de personnes qui perdent chaque année la vie dans des accidents de la route, en 2012 seuls 27 784 décès ont été rapportés par les différents états membres de l’UE, soit seulement une part d’un peu plus de 2 %), elle s’est quand même fixée comme objectif de diviser par deux sa mortalité routière entre 2010 et 2020, ce qui demande une baisse annuelle de 7 %.

Évolution de la mortalité dans l'Union Européenne
Objectif 2020

Cette année 2012 fut d’ailleurs une bonne année pour réussir à atteindre ce but, puisque après des débuts difficiles en 2011, qui n’avait connu qu’une baisse de 5 %, c'est cette fois la barre des 9 % qui a été atteinte, ce qui rattrape le retard accumulé. Tous les pays européens ont d'ailleurs affiché des résultats satisfaisants, tels que le Portugal et le Danemark, qui ont respectivement connu des baisses de 16 % et 18 % de leur mortalité routière en une année. Cependant, certains pays ont malheureusement eu du mal à tenir cet objectif : la Roumanie, la Lituanie, le Luxembourg et l’Autriche ont par exemple fini l’année 2012 avec une augmentation des morts sur leurs routes allant de +1 % et +4 %.

La place de la France dans ce bilan.

Loin d’être l’un des mauvais élèves de l’Union Européenne, la France a doucement suivi son chemin et s'est cette fois classée dans le milieu du classement, à la 17e place de la meilleure réduction annuelle (voir le bilan 2012). En 2012, cela signifie qu’elle a représenté 14.2 % de la mortalité routière européenne. D'ailleurs, si les chiffres sont rapportés à la population des pays, la France a même fait mieux en se classant à la 11e place. Cependant les bonnes nouvelles s’arrêtent là, puisque notre pays se situe toujours au-dessus de la moyenne européenne.

Pourcentage de la mortalité routière en million d'habitants
dans l'Union Européenne (données provisoires 2012)

En effet, entre 2010 et 2012, l’Union Européenne a réussi à faire passer son taux de personnes tuées pour un million d’habitants de 62 à 55, et en 2012, la France se trouvait toujours à 58, soit légèrement au-dessus. Si c’est mieux que la Belgique et l’Italie, par exemple (qui affichaient respectivement des taux de 75 et 64), c’est nettement moins bien que l’Allemagne, l’Espagne, ou même le Royaume-Uni, qui se situaient respectivement à 46, 43 et 30 (personnes tuées par millions d’habitants, rappelons-le). Bien que la France ait réussi à faire diminuer de moitié la mortalité sur ses routes entre 2001 et 2010, il reste donc encore des efforts à faire pour rattraper les taux des bons élèves de l’Union Européenne.

Le rôle des conducteurs étrangers

Immatriculation des véhicules impliqués dans accidents corporels

Si le bilan français n’a pas été aussi satisfaisant qu’ailleurs en Europe, une des raisons qui peut être avancée est que notre pays, de par sa situation géographique et sa fréquentation touristique, accueille sur ses routes de nombreux véhicules immatriculés à l’étranger, véhicules qui participent à l’accidentalité routière. Ainsi, en 2012, 25 % des véhicules contrôlées en excès de vitesse sur les routes françaises étaient étrangers, et 4.6 % de la mortalité routière en France leur a été directement imputable (ce qui représente tout de même 169 décès en une année).

La France possède de nombreuses routes, la circulation est parfois intense, et on estime à peu près à 7 % la proportion de véhicules étrangers inclus à chaque instant dans le trafic. Si en 2012, les voitures et les motos immatriculées à l’étranger ont été assez peu responsables de l’ensemble des accidents corporels et mortels (de l’ordre de 1 à 2 %), ce ne fut pas la même situation pour les poids-lourds et les cars : ils ont en effet représenté 13.2 % des véhicules impliqués dans les accidents corporels, et 15.6 % de ceux impliqués dans des accidents mortels. Donc bien qu’il soit impossible d’entièrement leur rejeter la faute, les véhicules étrangers circulant sur notre territoire ont, d’une certaine façon, participé au bilan présenté par la France.